2017 Corse, bilan d’une saison de pêche à la truite.

Cette année 2017 est à mettre dans les anales, Crues, sécheresse, végétation et sol sans vie, même 2003 était moins sèche. Nous sommes tous inquiets pour la pêche en Corse et ailleurs dans le sud. Les changements climatiques sont là. Dans ce contexte j’aimerai faire un petit retour halieutique sur cette année, mes observations, celles d’autres pêcheurs et amis, ainsi que les constations des professionnels et fédération de la pêche pour les comptages et les nombreuses observations des agents. J’ai eu le loisir de pratiquer la pêche à la truite depuis que j’ai 12 ans soit 37 ans maintenant. Mais ces deux dernières années,  l’orientation que je viens donner à ma vie professionnelle comme Guide de pêche et Animateur pédagogique des milieux halieutiques me permet d’avoir un œil nouveau sur cette pratique. 2017, Six mois d’ouverture passés sur les rivières au fil des jours et en fonction des conditions climatiques peu changeante cette année.

guide pêche corse

Toc à la nymphe en montagne

Après un hiver pour une fois relativement enneigée, la première partie de la saison avaient des niveaux convenables sur les bassins versants alimentés par les fonte des neiges, par contre les rivières et ruisseaux où l’eau provient uniquement de la pluie ont souffert dès avril d’un manque d’eau dû à un déficit de précipitation. Cette année, tout le monde en convient a été caractérisée par une sécheresse exceptionnelle. Autre phénomènes météorologique, les crues hivernales , j’y reviendrai plus loin par rapport à l’impact piscicole, des régions comme le Fiume Altu, le Bevincu, la Casaluna, les basses vallées du Golu du fium’Orbu, du Tavignanu, du Rizzanese… ont été impactées par plusieurs épisodes cévenoles et ce depuis deux ans déjà.

En résumer, il n’y a pas eu de précipitation depuis l’ouverture ou du moins peu significative. A partir de là, le niveau des rivières n’a fait que baisser progressivement jusqu’à maintenant. Si le désastre est évident écologiquement aussi bien pour la végétation et par extension à tout l’écosystème. Quand est il de la pêche dans tout ça?  Très bonne au début et avantagée en début de saison car l’accès à certaine portion de rivières interdits habituellement par le niveau des eaux s’est trouvé libre dès Mars-Avril. Autre avantage, il a été possible de pêcher en mouche sèche dès le début de saison même sur certaines têtes de bassin. Par opposition, le manque d’eau à eu un effet négatif sur la quantité et la taille des poissons capturés ( et relâchés,  je le dis toujours car ici toutes les prises sont remises à l’eau). En effet, si il était plus confortable de pêcher sur des rivières où la progression ce trouvait facilité par un niveau bas, la difficulté de pêche s’en est trouvée accru par la méfiance des poissons. Quand les eaux sont basses, il nous faut être encore plus discret dans notre approche. Ajouté à cela, les poissons sont beaucoup moins actifs. cela nous amène souvent à de sombres constatations, je dirai même que  d’autres utilisateurs et pêcheurs me disent souvent qu’il n’y a plus de poisson, que c’est braconné, qu’il y en avait plus avant. C’est parfois vrai, mais nous sommes souvent trompé que par le côté visible de notre activité. Combien de fois cette année j’ai cru voir une rivière sans vie apparente, qui est devenu en l’espace de quelques heures un bouillonnement de gobages, suite à une petite pluie. Nous avons la mémoire courte, la pêche ça a toujours été comme ça, mais on ne se souvient souvent que des meilleurs souvenir de notre passé. dans d’autres domaine c’est aussi le cas! Pour confirmer ces dires, les pêches de comptage faites par la fédération de la pêche confirme ces observations. La plupart des sites observés sont représentés par une bonne population de truites, ceux-là même où l’on pensait qu’il n’y avait plus rien. Cette année toujours dans la Gravona, depuis Août, j’avais l’impression que la rivière avait quand même perdu de son potentiel, je m’interrogeais sur la présence ou non des truites, sur le prélèvement, pourtant il n’en est rien, après relevés et comptages je m’aperçois que tout ce beau monde aquatique est caché durant les heures de jour, c’est incontournable, les chiffres sont là.  Pour ma part l’ouest de la Corse à peu souffert, j’ai pu observer de nombreux alevins et des poissons de toutes tailles. D’une manière générale cette année a été difficile pour la pêche, mais la Corse est un paradis pour les truites. Malgré ces conditions j’ai pu faire une saison très correcte. Je me souviens d’une année ou le printemps avait été pluvieux où tout le monde disait, cette année il y a des gros poissons. En fait, grâce à cette météo, ils étaient dehors et actifs. Adapter le site de pêche aux conditions (froid, vent, sécheresse, pluie, niveau d’eau…) et au moment permet toujours de sortir son épingle du jeu. C’est ça la pêche, si on devait prendre du poisson sans difficulté, où serait le plaisir?

guide de pêche au toc en corse

En début de saison

 

Je reviens sur l’impact des crues du nord est, l’est de la Corse et de l’Alta Rocca pour ne pas laisser de côté ceux qui pêchent dans ces endroits biens esquintés par ces phénomènes parfois centenaires. Je suis allé faire quelques guidages cette année sur certaines rivières où les troncs d’arbres avaient été posés à plusieurs mètres au dessus du niveau normal. Là aussi, la constatation va m’attirer des remarques, mais ce n’est pas la catastrophe annoncée du moins pas partout et pas à moyen terme. Bien sûr, quelques gros points noir comme le Bevincu, les basses vallées de l’est et du Rizzanese ont vraiment souffert et il faudra être patient. Mais de bon pêcheurs de Corte ont fait de très gros poissons dans le Tavignano. J’ai pu voir et pêcher des zones qui ont perdu du poissons c’est évident et surtout les poissons de petites tailles et c’est certain, la reproduction aussi sur ces zones a été médiocre voire quasi inexistante cette année, mais j’y ai pris avec mes compagnons de route, beaucoup de poissons de belle taille parfois. Une petite anecdote, dans les années 2008 il me semble, la Gravona avait eu une crue terrible très localement, la rivière, très raide dans sa partie amont, avait été nettoyée par une lame de plusieurs mètres de haut. Elle était sans vie, que du minéral, plus un poisson visible, pourtant quelques années plus tard, sans alevinage et grâce à quelques reproducteurs tout est presque comme avant, le lit et la ripisylve sont toujours marqué mais les poissons y sont. Je parle ici de ce que je connais très bien, des lieux, de la pression de pêche, des activités du secteurs.

rivières corse

Rivière de moyenne altitude est Corse Août 2017

Mais l’avenir n’est pas si obscur, les gros y sont toujours et se sont les meilleurs reproducteurs.

Des actions sont menées par les AAPPMA, dans le Niolu notamment, dans le Rizzanese et appuyer par la fédération de la pêche en Corse pour renforcer les populations sauvages.

L’ AAPPMA de la Gravona, officialise cette année le parcours no kill de la Gravona après 2 ans de travail sur le secteur et une sensibilisation du problème dans la micro-région. Les résultats obtenus sont réels, et on observe une dispersion des poissons en dehors du parcours où le pêcheurs rappelons le n’est pas exclu, il doit seulement relâcher ses prises. Corte, a aussi cette année un parcours no-kill en pleine ville, malgré la crue, de nombreux poissons y ont été pris là aussi.  La Corse change et peut offrir ça aussi comme ailleurs et même plus car c’est la plus belle.

guide pêche corse

rivière d’altitude corse

Mon bilan est optimiste, on s’aperçoit que malgré l’année la plus difficile depuis longtemps, les populations sont toujours là. Les bons pêcheurs ont pris du poisson, ce n’a pas été facile, mais c’est la pêche!  Il évident que l’accentuation du climat dans cette voie fera des dégâts à long terme, en espérant que cette année ne devienne pas la règle! Mais je pense que la position prise depuis 2006 d’arrêter l’alevinage est la bonne. Pour l’avenir, j’aimerai que l’on arrive à mettre en place un retour aux souches ancestrales Corse qui sont le passé et l’avenir en même temps. Pour cela seul une volonté commune des acteurs autour de la rivière nous y conduira. De mon côté, j’essayerai de faire mon possible pour y arriver. Une chose est sûr, la vitesse que l’homme veut impulser pour retrouver l’équilibre d’un écosystème, n’est pas forcement celle qui régit la nature. Laissons le temps, ne pêchons pas ou du moins relâchons nos prises sur les secteurs en difficulté.

A prestu!

 

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2 réponses à 2017 Corse, bilan d’une saison de pêche à la truite.

  1. Raphael J dit :

    Bonjour,

    Très belle analyse de la pêche, des poissons et rivières Corse.
    Nous y venons , ma femme et moi, pêcher ces belles rivières et ruisseaux au mois de mai/ juin depuis plus de 20 ans..et nous nous régalons de ces paysages, ces poissons..et des Corses !
    Je viens de découvrir votre site, mais aussi celui (facebook) de l’appma A Niulinca…et franchement bravo pour votre travail !
    Les rivières Corse perdureront grâce à des personnes comme vous !
    A bientôt, au bord de l’eau!
    Les Savoyards Raphael et Nadia.
    Arvi, a prestu !

    A bientot au bord de l’eau !

    • admin dit :

      Je découvre avec du retard votre message. Merci pour les encouragements et la bienveillance que vous portez à la Corse. Nous aurons peut être l’occasion de nous voir parmi les courants ou entre deux pins Laricciu.
      Jean-christophe

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